Edito du 19 Octobre 2026

L’élevage français subit un nouvel effet ciseaux. Les coûts d’alimentation augmentent. Dans le même temps, les prix des
productions animales stagnent ou reculent. Le porc en est un exemple, le lait en est un autre. Les causes sont d’abord
à rechercher sur les marchés. Les matières premières agricoles dépendent des récoltes et des aléas géopolitiques. Les
produits animaux répondent, eux, à la loi de l’offre et de la demande. Ces mécanismes ne sont pas nouveaux. Ce qui
change, c’est la fréquence des chocs et leur accumulation. Dans un marché ouvert, les producteurs doivent donc
renforcer leur compétitivité. La maîtrise des coûts devient une priorité. Chaque poste de dépense doit être examiné.
Chaque investissement doit être évalué à l’aune de son utilité immédiate. En période de crise, les priorités doivent
changer. L’objectif est de préserver la trésorerie et de maintenir l’activité. Les projets non essentiels doivent pouvoir
attendre, même lorsqu’ils répondent à des obligations administratives. Le règlement européen EUDR illustre cette
nécessité. Sa mise en oeuvre entraîne une charge considérable pour les éleveurs. La priorité doit être claire : donner aux
éleveurs les moyens de passer la crise avant de leur demander de nouvelles dépenses. Les exigences réglementaires
peuvent avoir leur utilité, mais leur calendrier doit aussi tenir compte de la réalité économique. Une exploitation qui ne
parvient plus à préserver ses marges ne peut ni investir, ni se moderniser, ni préparer l’avenir. La compétitivité n’est pas
une option. C’est une condition de survie.