Edito du 15 Décembre 2025

Une sérieuse crise sanitaire qui intervient au moment où l’UE s’apprête à signer l’un de ses plus importants
accords de libre-échange, voilà les conditions d’un cocktail détonnant pour le monde agricole. Il s’agit là des
deux processus qui ont le plus contribué à affaiblir la puissance agricole de la France depuis les années 1980.
Depuis la crise de la vache folle, toutes les crises sanitaires ont été l’occasion de légitimer plus
d’interventionnisme politique et d’introduire un large droit de regard des écologistes sur l’agriculture. La
contamination d’un élevage par une épizootie est pour le producteur un grand moment de détresse et de
pertes économiques. Pour les filières concernées, ce sont toujours des pertes de marchés et la fermeture
des outils industriels les plus fragiles. A chaque crise, la puissance publique a étendu ses contrôles, ses
procédures et empilé les nouvelles normes. Elle a imposé aux producteurs une priorité d’obligations
administratives au détriment de la compétitivité des productions, en oubliant, bien souvent, de se référer
aux fondamentaux de la science. Quant aux accords de libre-échange, ils ont pu se faire, chaque fois, en
cédant un peu de l’énorme excédent de balance commerciale agroalimentaire que nous avions dans les années
80. Cette mémoire de l’histoire agricole récente suffit pour comprendre les réactions horripilantes dans le
monde agricole.