En poursuivant sa tendance baissière, l’euro devient un facteur très inflationniste. Il participe à renchérir les factures des
importations européennes de pétrole, de gasoil, de gaz et de l’ensemble des produits de consommation massivement
importés d’Asie. La devise euro plus faible c’est aussi du pouvoir d’achat majoré pour les étrangers qui viennent acheter
des produits en Europe ; ils peuvent payer les céréales et tous les produits agroalimentaires exportés plus chers en euro,
déclenchant, ainsi, un autre cycle inflationniste. Les filières d’élevages sont impactées par ces processus essentiellement
à travers la majoration du coût des intrants. Lorsqu’elles sont exportatrices nettes, elles devraient pouvoir trouver une
compensation par la hausse des prix de vente. Malheureusement, les exportations agroalimentaires européennes sont
en déclin, ce qui réduit fortement la capacité à majorer les prix payés aux producteurs lorsqu’il y a dévaluation de la
devise. En revanche, les taux d’intérêt peuvent progresser, car c’est l’outil utilisé par la Banque Centrale Européenne pour
lutter contre l’inflation. Par conséquent, l’argent coutera plus cher, d’autant plus que les Etats seront trop fortement
endettés. En agissant de la sorte, on peut obtenir un fort ralentissement des investissements.
