Edito du 07 Septembre 2026

Voilà bientôt deux mois qu’il n’est plus possible de charger un navire de céréales dans les ports ukrainiens et russes de
la Mer Noire. Les solutions de remplacement les plus optimales ont atteint leur limite. Le marché doit maintenant orienter
ses approvisionnements sur des origines plus coûteuses. Dans cet arbitrage, le blé européen est privilégié, car plus
compétitif que l’origine américaine. Toutefois, le remplacement des flux russes et ukrainiens implique désormais un
renchérissement sensible du coût d’approvisionnement pour les pays importateurs. Ceux-ci ont parfois repoussé leurs
achats. Ils n’ont maintenant plus d’autres choix que d’affronter une phase d’inflation alimentaire. Les instances dirigeantes
mondiales réagiront elles de la même manière qu’elles ont pu le faire en 2022 ? Chercheront elles à remettre en sécurité
la navigation marchande sur la Mer Noire ? Oui, probablement. Mais le contexte est maintenant différent : l’économie
ukrainienne est exsangue, tout comme celle de la Russie ; l’Europe n’a plus les moyens financiers pour soutenir l’Ukraine ;
l’Amérique ne fournit plus les armes technologiques de défense à l’Ukraine. Nous nous rapprochons peut-être du moment
où la communauté internationale aura intérêt à forcer les belligérants à des compromis douloureux pour mettre fin à
cette guerre. Le marché du blé est sans doute imprégné de cette croyance pour se maintenir à 40% sous le niveau haut
de 2022.