Edito du 04 Août 2025

L’engouement pour les productions bio- retombe. S’agit-il d’un effet de mode passé ? de promesses
politiques non tenues ? ou de consommateurs finalement non convaincus ? Il se pourrait que ce soit le tout
à la fois ! Le drame du bio- n’est-il pas d’avoir laissé le pouvoir politique s’emparer du sujet, dans les années
2010, pour s’en servir afin de casser le système dominant d’agriculture conventionnelle, ou tout au moins,
le remettre en cause essentiellement sur la base de critères politico-écologiques. Les grandes promesses
politiques ont eu l’effet du « fusil à un coup ». Les aides à la reconversion ont souvent servi de préretraite.
Parfois, le brutal afflux d’offres a pu dérégler les équilibres fondés sur la valeureuse règle suivante : « ce
qui est rare est cher ». Les règles de la GMS basées sur l’offre pléthorique et le « pressage » des
fournisseurs ont échoué avec le bio-. Beaucoup de consommateurs ont mal vécu le « forçage » trop politique
du bio- ; d’autres n’ont pas ressenti l’effet santé tant promis. Les filières bio- vont devoir panser des
traumatismes, à commencer par l’abandon d’une part des soutiens publiques. Malgré tout, le bio- conserve
un avenir pour servir une demande essentiellement apparentée au haut de gamme.