Edito du 28 Septembre 2026

La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping devait apporter de la visibilité aux marchés agricoles. Elle laisse surtout
le sentiment d’un rendez-vous sans véritable déblocage. La seule avancée concrète est le report au 10 janvier 2027 de
la trêve commerciale. Deux mois de plus. Pas davantage. Ce calendrier court en dit long sur la difficulté des deux
puissances à construire un compromis durable. Sur le soja, Pékin conserve clairement la main. Les achats américains
restent fixés à 25 Mt par an. Le droit de douane de 10 % est maintenu. Pour la Chine, le soja reste donc un véritable
instrument de négociation. Pour les producteurs américains, c’est une question de rentabilité et de balance commerciale
déficitaire avec la Chine. Pour les autres productions, le signal est plus favorable. Pékin accepte de supprimer les 10 %
de droits de douane sur les céréales, les viandes, les produits laitiers et autres produits. L’objectif est d’atteindre 17
milliards de dollars d’achats agricoles américains par an, hors soja. Mais aucun calendrier n’a été fixé. Le marché attend
donc encore les actes. Derrière le commerce, la géopolitique reste omniprésente. La Chine ne cède rien sur les terres
rares ; elle n’apporte pas les soutiens demandés sur les dossiers iraniens et ukrainiens. Washington maintient sa position
sur Taïwan. Chacun conserve ses leviers de pression. Pour les marchés agricoles, cette rencontre ne change donc pas
réellement la donne. Elle évite une nouvelle escalade. Elle ne règle rien sur le fond. Le soja reste sous pression. Les
céréales disposent d’un potentiel d’ouverture. Mais sans engagements physiques rapides, ces annonces resteront surtout
théoriques.