Edito du 24 Aout 2026

La rentrée des marchés agricoles sera marquée par les conséquences de la sécheresse exceptionnelle en France. Cette
rentrée s’annonce, aussi et toujours, sous une forte emprise géopolitique. En mer Noire, la guerre cible toujours
davantage les infrastructures économiques. Ports et logistique céréalière deviennent des objectifs stratégiques,
perturbant les exportations ukrainiennes comme russes et amplifiant une prime de risque sur les marchés. Le conflit en
Iran et le blocage du détroit d’Ormuz prolongent parallèlement les tensions sur le pétrole et le gaz. Dans le même temps,
la politique douanière de l’administration Trump continue de perturber les flux commerciaux et les rapports de
compétitivité. À ces tensions s’ajoute la hausse des taux d’intérêts sur les dettes américaines et françaises. En accentuant
potentiellement la volatilité du dollar et de l’euro, elle constitue un facteur supplémentaire d’instabilité pour les matières
premières importées comme exportées. Géopolitique, énergie, commerce, dette et devises réduisent ainsi la visibilité
économique et peuvent freiner les investissements de long terme. Rien de très favorable pour soutenir durablement la
croissance. Mais ce désordre rappelle aussi où doivent se situer nos priorités : sécuriser nos capacités de production,
préserver notre compétitivité, contrer les distorsions de concurrences d’origines extérieures et réduire nos dépendances
stratégiques. Dans un monde moins prévisible, disposer d’une agriculture productive et de filières solides constitue aussi
une assurance face aux crises à venir.