Edito du 03 Août 2026

L'entrée en vigueur du règlement européen contre la déforestation (EUDR) au 1er janvier prochain semble désormais acquise.
Après les simplifications administratives annoncées pour les contrôles post-dédouanement, les contestations se sont
largement éteintes en Europe. Pourtant, l'essentiel des difficultés demeure inchangé. Elles concernent les pays producteurs,
où les exigences de traçabilité restent particulièrement lourdes, notamment l'obligation de fournir la géolocalisation précise
de chaque parcelle d'origine. Sur le terrain, quelques filières pilotes démontrent que le dispositif est techniquement réalisable.
Mais les volumes disponibles restent marginaux et les difficultés d'organisation de la chaîne logistique demeurent
considérables. S'y ajoute un enjeu juridique rarement évoqué : les échanges de marchandises entre négociants concurrents
imposent désormais de transmettre des données stratégiques sur les fournisseurs et les parcelles d'origine, ouvrant la voie
à un risque inédit d'espionnage commercial. Les importateurs de soja ne veulent pas donner de cotations à partir de janvier-
27, laissant planer la menace d’insuffisance des disponibilités quantitatives. Un seul opérateur affiche une prime d’environ
25 €/t, au moins il permet de matérialiser le coût de la nouvelle contrainte. En définitive, le règlement renchérira simplement
l’accès à la ressource ; faute d’une offre conforme suffisante, la prime pourra s’envoler. Seuls les éleveurs Européens en
supporteront le coût.