L’effet « ciseaux » frappe une grande partie des productions agricoles et remet au centre des débats la
question des écarts de compétitivité. Le prix des céréales est trop bas pour assurer un revenu aux céréaliers,
d’autant plus lorsque le rendement est mauvais, que les intrants coutent toujours plus chers, que les normes
et les règlements interdisent l’accès aux moyens de production. Malgré un coût d’aliment dans la moyenne
basse, les éleveurs constatent une forte contraction de leurs marges. C’est essentiellement la baisse de prix
des produits animaux qui en est responsable. Les éleveurs laitiers et autres bovins viande sont exposés au
risque de manque de fourrage, en raison des coups de chaleur qui compromettent la production de maïs. Le
poste aliment pourrait s’envoler sur la campagne à venir. Mais il y a une réalité économique, celle de l’espace
de libre-échange de l’UE, où les marchés de produits agricoles, comme les autres, sont mis en situation de
concurrence. Les prix sont le résultat de la confrontation de l’offre et de la demande. Lorsque le prix est
jugé insuffisant pour certains producteurs il faut se demander pourquoi il est acceptable par d’autres. Cette
question fondamentale permet de mettre le doigt sur la réalité des écarts de compétitivité.
