Edito du 13 Avril 2026

L’UE est souvent critiquée pour sa propension à règlementer et à multiplier les normes. Or, à
mesures que celles-ci prolifèrent, leur respect devient incertain. Les règles financières encadrant
l’adhésion à l’UE en sont une illustration frappante. Elles imposent à chaque Etat Membre de limiter
son endettement à 60% du PIB, et de maintenir son déficit budgétaire en dessous de 3%. Dans les
faits, 11 Etats sur 27 dépassent les 3% de déficit ; 13 Etats sur 27 ont un endettement supérieur
à 60% ; la France cumule ces deux infractions. La crise énergétique actuelle, avec son risque de
relance de l’inflation et de baisse de la croissance, pourrait servir de nouveau prétexte pour
s’affranchir de ces règles. En poursuivant le « laisser faire » la crédibilité de l’UE est fragilisée. La
responsabilité des dirigeants est d’engager les actions nécessaires pour assurer le respect des
règles ou bien changer celles-ci après avoir reconnu leur inadéquation. L’inaction en revanche, ne
manquera pas d’alimenter les arguments de ceux qui cherchent à contourner les règles
communautaires.