La Commission Européenne (CE) a lancé les débats budgétaires pour la période 2028/2034. Elle propose
une ligne de 300 milliards € pour la PAC, soit une baisse de 22.5% par rapport à la période précédente. Par
ailleurs, chaque Etat serait libre de compléter les mesures de soutien aux agriculteurs en puisant sur des
ressources budgétaires autres que celles de la PAC. Il s’agit là de poser les grandes lignes directrices qui
guideront les négociations sur les deux prochaines années. Deux tendances fortes ressortent du projet de
la CE pour l’agriculture. La première concerne la baisse des aides directes aux agriculteurs : même si elle
pourra être inférieure à 22.5%, il y aura bel et bien une baisse. Trop d’Etats membres ont des difficultés
budgétaires alors que des nouvelles dépenses s’imposent (défense). La deuxième tendance porte sur la
« renationalisation » de la PAC. La CE veut donner plus de liberté aux Etats Membres pour fixer le montant
de l’aide à l’agriculteur et les conditionnalités d’obtention. Ces nouvelles orientations pourraient intensifier
la concurrence au sein du marché européen et entrainer la hausse des importations de produits agricoles.
Imaginons que la France conditionne les aides à des mesures agro-environnementales et que, par exemple,
l’Allemagne fasse une attribution sur la base de la compétitivité du système de production. Les écarts de
compétitivité pourraient se creuser rapidement. La baisse des aides PAC va conduire, inévitablement, à
l’augmentation des prix agricoles afin de maintenir le revenu. Ce processus pourra accroitre l’intérêt des
importations, surtout si les droits de douanes européens ne changent pas.